Au nom de la défense des libertés
et de l’égalité femme / homme
dans les entreprises
Les signataires de la présente pétition se déclarent solidaires de Mme Evelyne Gaillet, militante syndicale depuis plus de 15 ans, dans la société Dalkia, filiale Energie du groupe Veolia Environnement.
Le 07 août 2006, en pleine période de congé, Madame Evelyne Gaillet, secrétaire générale de la section syndicale du Collectif Général des Travailleurs- Energie Dalkia Nord (le CGT-E), salariée au sein de l’Etablissement Dalkia Nord, depuis 24 ans, est convoquée à un entretien préalable. Trois jours plus tard, le 10 août, elle est licenciée sans ménagement pour des motifs aussi ridicules que fallacieux mais dont l’objet vise à l’évidence à masquer le licenciement pour fait syndical (indépendance vis-à-vis de l’employeur, rejet du syndicalisme d’accompagnement et de complaisance, lutte pour la promotion des droits des femmes au sein de l’entreprise, soutien aux salariés victimes de l’amiante chez Dalkia, défense du service public EDF/GDF,etc.).
Cette sanction tombe au terme du délai de protection légale dont elle bénéficiait comme ex-élue du personnel (Secrétaire du CCE, membre CE et CHSCT et membre du Comité de Groupe Véolia.) Elle ponctue de façon abjecte la campagne de harcèlement moral, de propos sexistes injurieux et de comportements menaçants perpétrés par des élus peu scrupuleux dont les accointances avec la direction de l’entreprise sont de notoriété publique. Elle atteste de la préméditation d’une décision revancharde du Directeur des ressources humaines qui reprochait à Evelyne son indépendance syndicale, son obstination à exiger la transparence des comptes du comité d’établissement (CE) et sa défiance vis-à-vis du secrétaire du syndicat CGT dalkia Nord ( dont Evelyne était, à l’époque, la seule femme adhérente). Ce dernier cumulant également les mandats de secrétaire du CE et du comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).
Pourtant Evelyne n’a cessé de dénoncer, auprès de cette même direction, comme auprès de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT et de secrétaires généraux des fédérations CGT de la Construction et de l’Energie, ces abjections répétées qui portent atteinte à sa dignité de femme et menacent son intégrité morale et physique. Elle a également pris la précaution d’en informer régulièrement l’Inspection et la Médecine du Travail ainsi que les autorités policières auprès desquelles elle a déposé une main-courante. A plusieurs reprises, elle espérait, en vain, l’intervention de la direction nationale de Dalkia France, saisie à plusieurs reprises par le secrétaire général du CGT-E, pour mettre un terme à ces dérives indignes et inacceptables…
Mais la réponse de Dalkia ne souffre d’aucune équivoque. A plusieurs reprises, elle a procédé à des retenues de salaire pour des raisons contestables. Elle lui a infligé une mise à pied de plusieurs jours pour des motifs bidons qu’Evelyne a réfutés avec véhémence. Elle l’a contraint à travailler à Caen alors qu’elle résidait à Rouen et a refusé ouvertement de prendre en considération les désagréments et les frais générés par cette mutation forcée.
A Caen, ses conditions de travail étaient sciemment négligées : placard en guise de bureau; un « bureau » parfois intentionnellement souillé par des inconnus; des moyens nécessaires à l’exécution de son contrat de travail réduits au minimum, etc. C’est dans ce contexte délétère, qu’Evelyne fut assailli de mails de la part de son responsable hiérarchique qui, constamment, lui cherchait des noises sur la qualité de son travail en lui imputant des erreurs imaginaires. Il serait paradoxal qu’au nom de la liberté syndicale et de la défense de l’égalité homme/femme, Evelyne soit la victime expiatoire, de son honnêteté, de son courage et de son indépendance.
Dans ces conditions les signataires de cette lettre, pressent les intellectuels, les artistes, les personnalités sportives attachés à la défense des libertés et de la dignité humaine, les démocrates soucieux de la liberté d’expression, les syndicalistes attentifs à la défense de la liberté syndicale, les élus locaux soucieux de l’intérêt individuel et collectif de leurs mandants, les femmes et les hommes engagés dans la défense des droits de la femme et respectueux de l’égalité entre les sexes, à se mobiliser pour exiger, non seulement, l’annulation du licenciement de Mme Gaillet et sa réintégration à son poste de travail, mais que le Président Directeur Général de Veolia Environnement désavoue formellement les méthodes abjectes utilisées par les directions, nationale et régionale, de Dalkia contre cette femme militante, dont l’intégrité reste la plus grande qualité !